Ürümqi
Karamay
Tourfan
Hami
Kachgar
Lac Kanas
Encore plus contrastée que la mongolie intérieure, d’un point de vue superficie/densité de population, puisque le Xingjiang (dont on peut traduire le nom par « Nouvelles frontières »), dénombre 25 millions d’habitants pour un territoire de presque 1,7 million de km². Les deux-tiers sud de la province sont globalement désertiques. C’est aussi officiellement l’une des cinq régions autonome de la République populaire de Chine. Autrefois appelé Turkestan oriental au XIXème siècle, sa capitale est Urumqi mais les Ouighours considèrent davantage Kachgar, située beaucoup plus au sud de la province, comme capitale historique et culturelle.
Le Xinjiang possède une frontière commune avec huit pays : la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan, le Pakistan, et l’Inde. Un peu plus de 5000 km de frontière extérieure faisant du Xinjiang une province hautement stratégique pour Pékin. Bordée au nord par l’Altai, grandiose chaine de montagne frontalière avec la Mongolie et habritant des sites naturels majestueux comme les lac Kanas – surnommés « Palette de Dieu » à cause des multiples variations de couleurs au fil des saisons – aux eaux cristallines ridant les collines et monts parfois enneigés. Puis cintrée au sud par le bassin du Tarim, plus grand bassin fluvial endoréique au monde, c’est-à-dire que son cours d’eau principal (et ses ramifications fluviales), ne se jette pas dans une mer mais est clos et ne diminue donc que par évaporation, et le grand désert de Taklamakan, surnommé « La met de la mort ».
Son nom en mongol signifie « Belle prairie » ou « beau pâturage », Ürümqi est considérée aujourd’hui comme la plaque tournante du nouveau commerce de la soie – ce qui n’était pas le cas en revanche il y a des siècles, lors des tous premiers échanges commerciaux de la soie, le rôle qu’elle a joué restait minime – et s’est donc progressivement bien développée économiquement depuis les années 1990.
La ville s’étend sur un peu plus de 13700 km² et abrite environ 4 millions d’habitants, han pour les 3/4 d’entre eux, le quart restant étant composé de ouighours, mandchous, mongoles, ouzbèk, russes etc. Une cité assez récente finalement dont la croissance, comme souvent dans les grandes métropoles chinoises, s’est amplifiée à vitesse grand V depuis ses trente dernières années et qui a permis la construction d’imposants réseaux routiers et d’infrastructures immenses, tant sur le plan industriel que touristique et culturel.
Comme on peut l’apercevoir sur ces photos ci-dessus, Urumqi s’inscrit à la fois dans une grande modernité mais aussi une profonde tradition. Les temples et quelques maisons traditionnelles se frayent encore un chemin dans ce vaste quadrillage de bêtons et d’acier, de grands immeubles, de noeuds routiers et réseaux ferroviaires. L’immeuble le plus haut est le Fortune Plazza, culminant à 229 mètres et édifié en 2008.
Pour combien de temps encore Kashgar réussira t-elle a conservé son patrimoine architectural exceptionnel ? La caverne de jade comme son nom le signifie, voit ses quartiers historiques grignotés l’un après l’autre, au prétexte d’une modernité toute relative mais nécessaire aux yeux de Pékin, qui continue à marche forcée, le développement de son grand projet de nouvelles routes de la soie, d’autant plus que le Xinjiang est une province hautement stratégique puisqu’il regorge de pétrole un peu partout sur son territoire, y compris à Kashgar. Une modernité en soi que chacun pouvait comprendre, encore eût-il fallu qu’elle soit initiée avec plus de tact, de meilleures contreparties et une préservation de la culture et du patrimoine pourtant exceptionnels.
Kashgar compte 4,5 millions d’habitants (2020) pour une superficie de 162 000 km².