Suzhou
Nankin
Changzhou
Xuzhou
Yancheng
Lac Tai
Lac Hongze
Nous pourrions qualifier affectueusement le Jiangsu de « Province aquatique », tellement le territoire est parsemé de cours d’eau, canaux, lacs de toutes les tailles (dont le 3ème plus grand lac d’eau douce de Chine, le lac Tai, situé tout au sud) et scindé en deux par l’immense fleuve bleu qui borde Shanghai et Nankin, 3ème fleuve du monde, long de 6380 km, qui prend sa source sur les hauts plateaux tibétains et qui se jette en mer de Chine orientale. Le Jiangsu est limitrophe à Shanghai, municipalité autonome, et s’étend sur un territoire de 107200 km² pour une population de 85 millions d’habitants.
C’est l’une des plus anciennes provinces chinoises au riche patrimoine historique puisqu’elle a été le berceau et capitale de nombreuses dynasties impériales puis fief du parti nationaliste au début du XXème siècle (jusqu’en 1949) avant que les communistes ne choisissent Pékin pour diriger le pays. Outre son riche passé historique, c’est aussi une région avec de magnifiques paysages comme les somptueux jardins classiques de Suzhou ou les temples majestueux de Nankin. Une province qu’on peut néanmoins diviser en deux parties avec un sud qui s’est rapidement développée dès le XIXème siècle (durant la guerre de l’Opium) tirant parti de sa proximité avec Shanghai, puis une fois franchi le fleuve bleu, une moitié nord beaucoup plus traditionnelle, plus provinciale.
Le Jiangsu est particulièrement réputé pour sa production de soie et de porcelaine de haute qualité, ainsi que de sa culture et production céréalière : riz, blé, maïs, sorgho etc. (grâce à sa topographie naturelle et son vaste système d’irrigation) et ses élevages de poissons d’eau douce.
Nankin a joué un rôle considérable dans l’évolution et les transformations de la Chine. Tout comme la province du Jiangsu, elle a une histoire qui remonte à plus de 2500 ans. Jusqu’au XIVème siècle, elle a été la capitale des nombreux empereurs et dynasties qui se sont succédées (Période des trois royaume, celle des Tang et des Ming).
C’est une ville qui a souvent dû composer avec un passé historique tumultueux, surtout depuis le début du XIXème siècle durant les guerres de l’opium et jusqu’à la chute du dernier empire, celui des Qing. Ville qui finalement fût la capitale « de dynasties qui n’ont pas duré longtemps » comme l’affirme Jiang Shaojian, un nankinois pure souche et éminent scientifique, professeur de médecine à l’université de Shanghai, la cité fut profondément marquée dès 1842, par la signature d’un traité inégal qui porte son nom, le traité de Nankin qui officialisa la fin de la première guerre de l’opium et la victoire des colons britanniques et français. Elle fut aussi par la suite, victime de conflits internes à commencer par la célèbre révolution des Taiping (Groupe rebelle opposé à l’empire Qing, qui souhaitait fonder une nouvelle politique basée avant-tout sur une économie agraire, une égalité des sexes, un meilleur équilibre social, mais qui précipita sa propre chute en raison de profondes corruptions entre hauts-gradés du mouvement et surtout des règles et des lois appliquées avec brutalité dont ont été victime les populations). et enfin l’invasion japonaise qui fit de Nankin, véritable ville-martyr, lors du massacre d’environ 300 000 civils en 1937, souvent dans des conditions atroces¹.
Des épisodes dans l’Histoire qu’on se devait néanmoins évoquer ici, tant ils ont aussi modelé et façonné la ville sur le plan architectural et culturel, qui en font aujourd’hui l’une des plus belles villes de Chine et l’une des plus visitées aussi bien par les amoureux d’Histoire que les passionnés de nature, les amateurs d’art et de culture et les fins gourmets.
¹ Lire le livre Le viol de Nankin d’Iris Chang. Un témoignage essentiel et édifiant pour bien comprendre cet épisode douloureux qui marqua Nankin et plus globalement l’Histoire de la Chine.
Selon les mots de Chaoying, poète de la dynastie Yuan, « En haut se trouve le paradis, en bas il y a Suzhou et Hangzhou. » C’est dire l’importance de cette cité de caractères aux yeux des chinois, située tout au sud de la province et à proximité de Shanghai. Ville au milles petits canaux (elle ferait penser à Venise d’ailleurs), aux ponts de pierre et surtout aux magnifiques jardins qu’elle abrite, c’est une ville très touristique à la fois moderne et historique qui compte 13 millions d’habitants (fin 2022).
Remarquable pas ses jardins traditionnels datant du IX et Xème siècle, elle en dénombre plus d’une soixantaine dont neuf sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO !