Hohhot
Baotou
Ordos
Destin singulier que celui de l’empire mongole qui fut, à son apogée, vers la fin du XIIIème siècle, le plus vaste empire de l’Histoire, loin devant l’empire romain (l’empire Mongole était trois à quatre fois plus vaste). Des rivalités internes sous Kubilai Khan, arrière petit-fils de Gengis Khan, considéré alors comme le « plus chinois des mongoles », et des périodes de famine notamment, seront à l’origine de son déclin au tout début du XIVème siècle. Bien des siècles plus tard, la partie supérieur de la Mongolie, composée en majorité de prince Khalkhas soumis à l’empereur Qing et soutenus par la Russie Tsariste, se déclarèrent indépendant vis à vis de la République de Chine mais la partie inférieure (ou intérieure plus exactement) composée de tribus méridionales fut naturellement rattachée au monde chinois.
Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, le Parti révolutionnaire du peuple de Mongolie-Intérieure qui contrôlait à peu près les deux-tiers de la province (occidentale et centrale) et le PCC, le Parti communiste chinois, qui contrôlait la partie plus orientale, c’est-à-dire, une grande partie de l’ancienne Mandchourie, fusionnèrent pour former le gouvernement autonome de Mongolie-intérieure, le 1er mai 1947.
La Mongolie extérieure (actuelle Mongolie), sous protectorat russe et qui servit de zone tampon entre les deux empires chinois et russe, proclama son indépendance bien plus tôt, le 1er décembre 1911, peu après l’éviction du dernier empereur mandchou Puyi. Empereur qui finira simple jardinier et même bibliothécaire à la fin de sa vie, moyennant un salaire de 100 rmb/mois (environ 14 €).
La Mongolie Intérieure est une des plus vastes provinces du pays puisqu’elle s’étend sur 1,18 million de km² et compte une population de 24 millions d’habitant (2021). C’est aussi l’une des moins peuplées du pays puisqu’à titre de comparaison, la Roumanie qui ne compte que 4 millions d’habitants de moins, ne s’étend, quant à elle, que sur une superficie d’un peu plus de 238 000 km²…
Le climat y est assez rude, on note des printemps très chaud, des étés chauds et courts également. Un sacré distinguo avec les grandes vagues de froid au cœur de l’hiver ou la température peu descendre jusqu’à -30 dans l’extrême nord-est. Des périodes de moussons inégales couplées aux chaleurs de l’été, permet aussi une culture céréalière abondante et le maintien des vastes plaines d’herbes fraiches, met de choix du cheval de Przewalski notamment, emblématique des steppes mongoles.
Le désert de Gobi s’étend tout au nord de part et d’autre de la province, les villes les plus importantes se situent dans la partie sud. Les trois villes principales sont Hohhot, la capitale, Baotou (la plus vaste), et Ordos.
Point de passage pour une escapade d’un weekend dans les grandes steppes environnantes, Hohhot fut baptisée « ville bleue » au XVIème siècle par l’empereur Altan Khan*, venu s’y installer avec sa famille et sa garnison, en raison de la couleur bleue des briques que revêtaient certain temple.
C’est une période durant laquelle les han et les mongoles jouissaient d’une amitié réciproque. Sous la dynastie Ming, toujours à la même époque, la ville fut renommée Guī huà (归化) qui signifie « naturalisation ». La ville changea à nouveau plusieurs fois de noms jusqu’à redevenir définitivement Hohhot en 1954 et ville capitale de la Mongolie Intérieure.
La cité s’étend sur 17200 km² et recense un peu plus de 3,5 millions d’habitants, fin 2021. Elle est divisée en 4 grands principaux district, 4 contés, et une bannière, la bannière gauche Tumut – Tumut signifiant en mongole « dizaines de milliers » – regroupant quelques descendants d’une d’ancienne tribu nomade mongoles aujourd’hui sinisée (il faut d’ailleurs savoir à ce sujet, que l’une des raisons du déclin de l’empire mongole est son nombre très élevé de tribus nomades qui se sont tour à tour disputés des territoires. On a dénombré pas moins de 49 bannières en mongolie intérieure et 86 bannières en mongolie extérieure !)
Aujourd’hui la ville s’est bien développée, des infrastructures modernes comme des autoroutes, gratte-ciel, hôtels, larges avenues, l’aéroport international de Hohhot-Baita aussi, ont supplanté peu à peu l’ancienne cité historique mais on peut encore apercevoir quelques splendides édifices bien conservés tels que : le temple Dazhao, le temple Wuta, la pagode blanche, le temple des cinq pagodes, le temple Sirius, la tombe de Zhaojun ou encore la grande mosquée de Hohhot.
Large d’un peu plus de 27 000 km² pour une population s’élevant à 2,7 millions d’habitants (2021), Baotou est aussi le plus grand territoire extracteur de terres rares, minerais très recherchés dans l’industrie de la haute-technologie pour la confection notamment des batteries des véhicules électriques et composants pour smartphones. Une industrie qui n’est hélas pas sans risques pour l’environnement.
Baotou signifie en mongole « lieu où vivent les cerfs », c’est aussi l’emblème de la ville. Quand bien même, la ville nous offre relativement peu de monuments à visiter ou de lieux touristiques importants, ce n’est pas le cas des différents paysages tous aussi splendides les uns que les autres, qui ceinturent la cité. Car à quelques encablures de Baotou, vous pourrez aussi bien vous retrouver soit en plein désert de sable fin, soit au cœur des montagnes, soit randonnant dans les vastes steppes.
Un nom pourtant choisi judicieusement en phase avec les rêves de grandeur qu’avait la ville, jadis, « Plusieurs palaces » tel est la traduction du terme mongole Ordos, une véritable conquête de l’Ouest et une politique de développement économique démesurée sans véritable réflexion en amont ni stratégie et objectifs bien définies et qui l’ont mené tout droit vers une ville quelque peu fantomatique aujourd’hui. En 2009, Une nouvelle ville (dans le vieil Ordos) avait été construite pour un million d’habitant mais n’en avait accueilli que 30 000 après la crise financière mondiale de 2008. Se rêvant en mini hong-kong, la cité était devenue hors de prix et la demande inexistante. Aujourd’hui, la plupart des résidents vivent majoritairement dans la partie historique de la ville.
Cela n’empêche pas Ordos de posséder des atouts sur le plan culturel et touristique comme le splendide mausolée de Gengis Khan et le désert de Kubuqi, bande de sable étroite et immuable, longue de 262 km, et propice aux excursions en véhicule tout-terrain, ou à dos de chameau.