La cité interdite
Le temple du ciel
Le tombeau des Ming
Le palais d'été
La grande muraille
Pékin ou Beijing, capitale du nord, comme son nom l’indique en chinois, accumule plusieurs records à commencer par sa superficie : 16410 km². Un territoire qui représente trois fois le département des Hautes Alpes et qui dénombrait 21,8 millions d’habitants à la fin de l’année 2021.
Vieille de plus de 3000 ans, la cité fut plusieurs fois détruite et reconstruite au cours des siècles, façonnée par les empereurs qui s’y sont succédés, elle devient pour la première fois capitale d’un empire sous la dynastie Jin au XIIème siècle mais se voit rebaptiser « Dadu », un siècle plus tard, par le grand prince Kubilai Khan, durant l’invasion mongole. Pékin deviendra officiellement capitale de l’empire au XVIème siècle, sous la dynastie Ming et l’empereur Yongle qui ordonnera notamment la construction de la cité interdite et le temple du ciel.
La ville connait de profondes mutations sous la révolution culturelle au milieu du XXème siècle. Mao troque les temples pour les usines, remplaces des maisons traditionnelles par des comités de quartier, redessine et modernise la capitale à marche forcée.
Une modernisation qui prendra un nouveau tournant à partir de 2008, avec l’organisation des Jeux Olympiques et la création de nombreuses infrastructures ultra modernes au design contemporain mais au détriment de monuments et lieux historiques pourtant prestigieux.
Edifiée au XVème siècle sous Yongle, troisième empereur de la dynastie Ming, la cité interdite impressionne à bien des égards, à commencer par sa superficie, déjà, 72 hectares ! Le domaine abrite 70 palais et environ 9000 maisons. Sa construction aura durée au totale 14 ans et aura employée plus d’un millions d’ouvriers. La cité interdite possède aussi 50 hectares de jardin. Selon Marco Polo qui s’y était rendu » […] le palais est si vaste qu’au moins 6000 convives pourraient y manger. » Le domaine est ceinturé de douves de 50 mètres de large et de murs fortifiés d’un peu plus 3 mètres de haut.
24 empereurs s’y sont succéder dont le dernier étant Puyi jusqu’en 1912, lequel abdiquera et finira comme simple bibliothécaire et jardinier, assigné à résidence dans son propre palais sous les ordres de Mao.
En 1987, la Cité Interdite est classé au patrimoine mondiale de l’UNESCO et elle recense également la plus grande collection de constructions en bois au monde.
Le temple du ciel également érigé sous Yongle. Bâti sur 273 hectares, il fait partie des quatre grands temples de l’ère impériale avec le temple de la terre, le temple du soleil et le temple de la lune. C’était un lieu dédié aux sacrifices à l’époque, en échange desquels, les empereurs espéraient de bonnes récoltes en retour. On considérait alors l’empereur comme le fils du ciel, chargé par le divin céleste de répandre harmonie et prospérité sur terre.
A l’instar de la Cité Interdite, le temple du soleil se révèle être une merveille d’architecture et d’ingénierie pour l’époque et encore aujourd’hui. L’édifice doit son extrême solidité du fait de sa structure circulaire sur différents niveaux, supportée par un système de piliers disposés en multiple de 4. Les différentes « coupoles » quant à elles, reposent sur des empilements de dougong (petits blocs en bois sculptés d’une façon très précise et qui s’emboitent entre eux pour créer un squelette qui peut supporter plusieurs tonnes de matériaux tout en restant très décoratif.)
Deux vues aériennes ci-dessus et ci-contre. Le temple est si vaste qu’il est préférable de compter entre trois et quatre heures de visites. On peut aussi admirer les 2500 cyprès de 200 ans, plantés tout autour des différentes parties qui composent le parc. (crédit photo : @吉正/龙肉空拍)
Classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO en 1987, la Grande Muraille de Chine (parfois appelée « Longue Muraille » ou encore le « Vieux Dragon ») serpente l’empire sur près de 7000 km. C’est une des sept merveilles du monde érigée il y a plus de 2000 ans, dans l’objectif de repousser les invasions mongoles. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, le mortier de l’époque qui servait à coller les pierres entres elles, était constitué en partie de riz gluant, plébiscité pour sa grande résistance une fois séché.
L’édifice a subit plusieurs reconstructions et rattachements au fil des siècles. Il n’en reste pas moins aujourd’hui le premier symbole du pays, un symbole prestigieux, culturel et politique, qui continue d’attirer plusieurs millions de touristes chaque année.
Pour visiter le monument depuis Pékin on peut se rendre à Badaling, située à 70 km au nord de la capitale ou Mutianyu (même distance mais située un peu plus à l’Est). Comptez dans les deux cas 1h30 de route environ. Si vous visitez la Grande Muraille en hiver, prévoyez des vêtements bien chaud car dans cette région, la température peut descendre jusqu’à -30° C.
Ce vaste site historique (120 km²), situé à environ 40 km au nord-ouest de Pékin, est également surnommé le tombeau des 13 empereurs. Le célèbre empereur Yongle (bâtisseur de la Cité Interdite, entre autre) avait choisi ce site selon les principes du Feng Shui, et y fit construire son imposant mausolée dont le toit est soutenu par 32 pilliers de cèdres. L’empereur y fut enterré en 1424. 12 autres empereurs reposeront également sur le site ainsi que 23 reines, deux princes, plus d’une trentaine de concubines et… un eunuque.
Le site est aujourd’hui victime de son succès et menacé par l’afflux de touristes, hélas, toujours plus nombreux à déambuler notamment sur la splendide voie des esprits, qui mène aux tombeaux et le long de laquelle sont alignées 36 statues (18 paires de part et d’autre sur 7 km) représentant des personnes de haut rang, proches des empereurs, et des animaux. Celle qu’on appelle aussi la voie sacrée ou route du ciel, symbolisait le retour vers les cieux pour l’empereur défunt après son passage sur terre.